Dominique Carlac'h, chef d'entreprise et Vice-Présidente du Medef

Dominique Carlac'h est une ancienne athlète et une dirigeante d'entreprise de conseil en innovation. En 2018, après avoir été la seule femme candidate à la présidence du Medef (premier réseau d'entrepreneurs de France),elle en est nommée Porte-parole et Vice-présidente. Dominique Carlac'h est Chevalier de l'ordre national du Mérite.

Question : Athlète de haut niveau, cheffe d’entreprise, porte-parole et Vice-présidente du Medef, qu’est-ce qui vous a décidé de suivre ces différentes voies ? 

Réponse : La volonté de faire des choses, la volonté d’accomplir des choses : une performance, un projet, faire grandir une entreprise…. En réalité, utiliser mon énergie à produire et faire atterrir quelque chose, des projets, davantage qu’avoir du pouvoir et des relations.  

Question : Quel parcours avez-vous suivi pour y arriver et quels souvenirs en gardez-vous ? 

Réponse : J’ai suivi un parcours hybride, un parcours de mutante. Je ne suis jamais resté simplement dans ma ligne d’eau et dans le déterminisme de ma condition, de mon école, de mon appartenance sociale et territoriale, en me nourrissant de ce qui ne faisait pas "partie de mon monde". 

Question : Rencontrez-vous ou avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme chef d’entreprise ? 

Réponse : Non, jamais. Je dirais même plutôt l’inverse.
Il y a toujours eu une certaine forme de curiosité. On se demandait ce qu’une chef d’entreprise faisait, comment elle était organisée, quels étaient ses clients, ses collaborateurs, ses équipes. Je n’ai connu aucune difficulté particulière en tant que chef d’entreprise. 

Question : Quelle a été la réaction de votre entourage quand vous vous êtes présentée en tant que candidate à la présidence du Medef ? 

Réponse : Trois réactions. 

D’abord la peur parce qu’ils avaient le sentiment que la campagne allait être exténuante, que j’allais être très exposée et que je pouvais « prendre des coups ». C’est un raisonnement qui pouvait s’appliquer à une femme comme à un homme d’ailleurs.  Ils avaient peur des écorchures qu’on peut récolter. 
La deuxième réaction a été une énorme fierté en se disant finalement quelle audace et quel courage elle a pour partir en campagne. 
Et enfin la troisième réaction a été le soutien, un soutien indéfectible.  Nous étions une équipe de campagne très ramassée, amicale et familiale, et cela m’a portée. 

Question : Depuis vos débuts en tant que cheffe d’entreprise, y-a-t ’il eut une évolution dans la place de la femme ? 

Réponse : Oui ! D’abord c’est devenu UN sujet.  Quand j’ai créé mon entreprise, le fait d’être une femme chef d’entreprise n’était pas un sujet, c’était la création d’entreprise qui en était un, davantage que le porteur du projet. Aujourd’hui la société a une attente beaucoup plus importante sur la place des femmes dans son ensemble et assez naturellement, il y a une attente particulière sur les femmes cheffes d’entreprises. Avoir plus de femmes chef d’entreprises comme avoir plus de femmes visibles dans la société dans son ensemble, en termes de responsabilités, et non en termes démographiques puisque nous sommes à 50/50 !

Question : Auriez-vous continué votre carrière dans le milieu sportif si vous n’aviez pas créée votre entreprise ? 

Réponse : Non car j’avais décidé de « raccrocher les pointes » comme on dit en athlétisme quand j’ai jugé que j’avais fait le tour de ma carrière… Donc il n’y pas eu de renoncement de l’un pour l’autre. Je me suis toujours dit que je voulais faire des choses. Et faire des compétitions ou créer une entreprise, finalement c’était dans la même veine.

Question : Qu’est-ce qui vous a inspiré vers cette carrière professionnelle ? 

Réponse : Quand j’étais petite, je regardais beaucoup la télévision. Je suis une enfant de la télé et je voyais qu’on pouvait réussir dans la vie sans être trop prisonnier du code social, des notes à l’école, des conventions, et finalement de l’organisation sociale qui s’impose à vous. En créant son entreprise, je voyais la liberté, je voyais tous les possibles ; la liberté de dire "je fais ce que je veux, je travaille avec qui je veux, ce sont mes règles et c’est mon jeu !". 

Question : Que ressent-on à 24 ans quand on se lance dans cette aventure ? 

Réponse : En fait, on ne ressent rien. On le fait parce qu’on a ça en soi, donc il n’y a pas de peur ou d’enjeux négatifs. Il y a juste de l’envie, une pulsion, un sentiment qu’il n’y a rien d’autre de possible même si l’on vous dit que vous allez rencontrer l’adversité. Ce que l’on ressent quand on a 24 ans, comme quand on en a 17, ou 34, ou 52, c’est l’envie de faire quelque chose.

Interview par Adama Toulon.

Liens:

D&CONSULTANTS - Stratégie et financement de l'innovation.

Medef - Le premier réseau d'entrepreneurs de France.

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