Jayne Mansfield : la "blonde explosive" au-delà du grand écran.

Jayne Mansfield : la "blonde explosive" au-delà du grand écran.

Jayne Mansfield, née Vera Jayne Palmer, le 19 avril 1933, est une actrice, chanteuse et artiste de cabaret américaine. Elle a connu une carrière prolifique dans les années 1950-1960, à l’instar d’un autre sex-symbol de l’époque : Marilyn Monroe.

 

Souvent comparée à cette dernière, Mansfield est devenue un symbole emblématique du glamour hollywoodien et une icône culturelle de l'époque. Cependant, sa vie ne se résume pas aux paillettes et à la célébrité. Mère aimante, épouse dévouée et entrepreneuse avant-gardiste, elle a laissé un impact durable sur l'industrie du divertissement et le monde en général.

Par ailleurs, contrairement à ce que ses rôles de blonde idiote pouvaient laisser paraitre, Mansfield était une femme très intelligente et cultivée. Elle parlait cinq langues, était pianiste et violoniste classique, et avait un quotient intellectuel de 163 (à titre de comparaison, le QI moyen se trouve entre 85 et 115, et celui d’Albert Einstein était de 160).

 

Née d’un père avocat et d’une mère institutrice, elle ne rêve que d’une chose : devenir une star. Dès l’âge de 12 ans, elle prend des cours de danse de salon, de musique et participe à des productions théâtrales locales.

En 1950, elle épouse son premier mari, Paul Mansfield, avec qui elle a une fille nommée Jayne Marie. Malgré les responsabilités de la maternité, imposées aux femmes à l’époque, elle poursuit son rêve de devenir actrice. Elle fréquente une école d'art dramatique à Dallas, puis étudie le théâtre et la psychologie à l'université de Géorgie. Elle prend également des cours avec Baruch Lumet, un acteur américain d’origine polonaise. En parallèle, elle gagne de nombreux concours de beauté puis, en 1954, décide de s'installer à Los Angeles pour poursuivre sa carrière. Sa famille suit le mouvement.

 

En 1955, elle devient l’une des premières "playmates" pour le magazine Playboy. Encore inconnue à ce moment-là, elle tente sa chance à Hollywood, et elle décroche un petit rôle dans le film "Female Jungle". Elle ne tarde pas à attirer l'attention des producteurs hollywoodiens et signe rapidement un contrat avec la Warner Bros. Les réalisateurs, qui veulent surtout mettre en avant ses mensurations sculpturales, la cantonnent dans des personnages caricaturaux qui lui valent le surnom de "Blonde explosive", ou encore "le Buste".

En 1956, elle signe un contrat de 7 ans à la 20th Century Fox, le même studio qui avait précédemment travaillé avec Marilyn Monroe. Délibérément préparée à devenir la rivale de Monroe, les médias ont perpétué cette image en la surnommant la "Monroe de l'ouvrier".

 

Mansfield accède rapidement à la célébrité grâce à des rôles dans des films comme "The Girl Can't Help It" (1956), "Will Success Spoil Rock Hunter" (1957), "The Way of Rock Hunter" (1957) et "The Wayward Bus" (1957).

En 1957, elle reçoit le Golden Globe Award de la Nouvelle star de l'année, consolidant ainsi son statut de starlette hollywoodienne. Bien que connue pour sa silhouette voluptueuse et sa personnalité de bombe blonde, Mansfield était aussi une actrice talentueuse, capable de faire preuve d'une gamme et d'une profondeur impressionnantes dans ses interprétations. D’ailleurs, elle ne s'est pas limitée à la comédie. En 1957, elle s'avère être aussi excellente dans des rôles dramatiques, avec sa performance dans le film "The Burglar", et excelle en tant que chanteuse. Elle a sorti plusieurs singles, "Too Hot to Handle", "Suey" et "You Were Made for Me", et s’est produit dans les boîtes de nuit du pays, captivant le public avec sa voix sulfureuse et sa présence scénique magnétique.

 

Mansfield se construit aussi une carrière d’artiste de cabaret. En 1958, le Tropicana Las Vegas lance sa revue de strip-tease "The Tropicana Holiday". La soirée d'ouverture a permis de récolter 20 000 dollars (de l’époque) pour March of Dimes, une organisation américaine qui s'efforce d'améliorer la santé des mères et des bébés. En 1960, l'hôtel et le casino Dunes lancent une nouvelle revue de Mansfield, nommée "The House of Love".

A partir de 1963, elle se produit dans des clubs en dehors de Las Vegas, puis y revient en 1966. Son dernier spectacle, "French Dressing", a eu lieu au Quartier Latin de New York, la même année. Il s'agissait d'une version modifiée du spectacle du Tropicana, qui fut présenté pendant six semaines avec un certain succès.

 

Sa carrière de cabaret a inspiré plusieurs films et documentaires, ainsi qu’un album musical. La 20th Century Fox Records a notamment enregistré, en 1962, "The House of Love" pour un album intitulé "Jayne Mansfield Busts Up Las Vegas". Mansfield a joué des rôles d'artiste burlesque et de show girl dans "Midnight Franklin dans Too Hot to Handle" (1960) et "The Las Vegas Hillbillys" (1966). En 1967 sort un documentaire indépendant, "Spree" (ou "Las Vegas by Night"), sur les frasques des artistes de Las Vegas. Le film met en scène Mansfield, Hargitay, Constance Moore et Clara Ward en tant que vedettes invitées. Mansfield se déshabille et chante "Promise Her Anything" du film "Promises! Promises!", mais une décision de justice interdit l'utilisation des vedettes invitées pour faire la promotion du film.

 

Malgré son image glamour, sa vie personnelle fut tumultueuse. Mariée puis divorcée à trois reprises, elle a eu trois enfants avec son deuxième mari, le culturiste et acteur hongrois Mickey Hargitay : Miklós, Zoltán et Mariska. Cette dernière est elle aussi devenue actrice, et a rencontré le succès avec son rôle d’Olivia Benson dans la série "New York, unité spéciale".

Elle finit également par être lâchée par la 20th Century Fox qui ne croit plus en elle. Le studio la "prête" pour des productions étrangères puis, finalement, la licencie en 1959 pour récupérer Marilyn Monroe. Sa carrière décline alors, mais elle reste très populaire aux yeux du public.

 

Elle était également connue pour ses activités de défense des Droits Humains. Soutien de la première heure du mouvement des Droits Civiques, elle a fait la une des journaux en 1963, lorsqu'elle a assisté à une collecte de fonds dans un club racialement intégré de Birmingham, en Alabama, malgré les menaces à la bombe et les protestations. Son action a été saluée par la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), et elle a été louée pour son courage et sa détermination à lutter contre la ségrégation raciale.

 

À la fin de sa carrière, Mansfield est davantage occupée par la scène, se produisant dans des boîtes de nuit, avec des engagements dans des clubs et pour des tournées de spectacles. En 1960, elle fait des apparitions personnelles pour tout, des promotions de supermarchés aux ouvertures de pharmacies.

 

Sa vie est tragiquement interrompue le 29 juin 1967, à cause d’un accident de voiture. Elle est alors âgée de seulement 34 ans.

Malgré sa mort prématurée, son influence sur l'industrie du divertissement et la culture populaire américaine reste indéniable. Mansfield fut une pionnière pour les femmes dans l'industrie du divertissement, utilisant son intelligence et son sens des affaires pour créer des opportunités pour elle-même, mais aussi pour les autres. Elle fut également une pionnière en matière d'image de marque. Sa capacité à se vendre et à vendre son image a ouvert la voie à de futures vedettes qui ont su tirer parti de leur célébrité et créer des entreprises prospères.

Son soutien pour les Droits Civiques et son refus de céder aux pressions de la société témoignent de son sens aigu de la justice et de son engagement en faveur du changement social. Elle a défendu ses convictions, même lorsqu'elles étaient impopulaires, et ses actions ont incité de nombreuses personnes à suivre son exemple.

 

Ces dernières années, la vie et la carrière de Jayne Mansfield ont suscité un regain d'intérêt. Des documentaires, des biographies et des rétrospectives ont été créés pour présenter son travail et l'impact qu'elle a eu sur l'industrie du divertissement. Sa fille, Mariska Hargitay, s'est également efforcée de perpétuer la mémoire de sa mère, évoquant souvent l'influence qu'elle a eue sur sa vie et sa carrière.

 

Bien plus qu’une bombe blonde, Jayne Mansfield était un diamant brut. Son talent aux multiples facettes a franchi des barrières dans l'industrie du divertissement, et même au-delà. Sa carrière d'actrice et de chanteuse, associée à son activisme en faveur des Droits Humains, a laissé une marque indélébile sur la culture populaire américaine.

En nous souvenant de Jayne Mansfield, nous ne célébrons pas seulement son image glamour, mais honorons aussi son intelligence, sa ténacité et son courage, des qualités qui continuent d'inspirer les générations à venir 

 

https://jaynemansfield.com/

Article par Julie Henry Poutrel pour Adama Toulon

 

 

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